Echos des régions

  • Stratégie d’expansion pour les ports omanais.

07.09.2016 Auteur : Josef Müller


Artikel Nummer: 15846

Miser sur la logistique

D’ici 2040, Oman veut devenir une plaque tournante logistique entre l’Asie et les États de la péninsule Arabique. À coups de gros investissements, des ports, aéroports, routes et un réseau routier sont créés depuis rien.


Le Sultanat d’Oman, situé à l’extrémité sud-est de la péninsule Arabique, vit de l’exportation de gaz et de pétrole. Le pays se prépare pourtant d’ores et déjà à une baisse de la demande. La diversification est donc le maître-mot. Dans ce contexte, la logistique figure au cœur des projets comme branche d’activité potentielle dans un pays comptant seulement 3 M. d’habitants. C’est ce qu’a expliqué Peter Young, coordinateur et conseiller du ministre omanais des Transports, Mohammed Salem Al-Futaisi, lors d’un entretien avec l’ITJ à Mascate. P. Young loge dans le ministère des Transports de la capitale Mascate, qui ressemble à un hôtel cinq étoiles, avec une vue splendide sur l’océan Indien.

 

Projets ambitieux à l’horizon 2040

P. Young a en mains un livre de 100 pages intitulé «Sultanate of Oman Logistics Strategy 2040» (SOL). «L’importance logistique d’Oman en tant que pays moderne et en même temps conservateur, s’appuie sur les réseaux régionaux et internationaux», souligne-t-il. La logistique doit devenir une branche d’activité d’envergure internationale et créer 30 000 emplois. Des zones franches et des zones industrielles sont ainsi prévues le long des grands ports répartis sur la côte de plus de 2000 km. Par exemple au port de Sohar qui se trouve à 250 km au nord de Mascate. De grands porte-conteneurs d’armement renommés desservent déjà Sohar, un port en eau profonde. En 2015, 41 M. de t de marchandises et 331 000 TEU y ont été transbordés. Le nouveau terminal exploité par Hutchison Port Holding (HPH) dispose encore de réserves de 1,5 M. de TEU par an. Attirer des entreprises internationales fait également partie de la stratégie SOL pour les ports du sud tels que Duqm ou Salalah.

 

Nouveaux ports dans le sud

Le port de Duqm et sa zone industrielle ont été créés à partir de rien au cours des dernières années. 4,7 milliards ont déjà été investis et 5 milliards de plus suivront d’ici 2020. Le port devrait être ouvert en 2019 et offrir une capacité annuelle de 7 M. de TEU. Depuis 2014, il y existe aussi un nouvel aéroport. Le carrier national Oman Air propose des vols réguliers Mascate–Duqm. Le port d’Anvers est engagé à Duqm et son concurrent Rotterdam à Sohar. «Dans la logistique, nous voulons accéder à la meilleure classe mondiale et nous nous orientons donc vers l’Allemagne et les Pays-Bas», dit P. Young.

 

À plus de 1000 km de Mascate et à 260 km de la frontière du Yémen se trouve la ville portuaire de Salalah qui a une zone franche depuis 2006. Il existe des projets d’expansion concrets jusqu’en 2028 avec l’implantation de sociétés logistiques, commerciales et industrielles. ainsi que des investissements de 15 milliards d’USD. Dans la zone franche Al Mazyunah, Oman compte booster les échanges avec le Yémen.


Un réseau ferroviaire pour la région

Le monde entier observe avec intérêt le projet concernant un réseau ferroviaire de 5000 km que le Koweït, l’Arabie saoudite, Bahreïn, le Qatar, les EAU et Oman comptent réaliser ces prochaines années. 2000 km de voies permettront au Sultanat d’Oman de relier au réseau, via deux magistrales nord-sud, tous les ports et les villes ainsi que les zones industrielles et les zones franches de l’arrière-pays. Les pays voisins en profiteront aussi. C’est Oman Rail, la compagnie ferroviaire omanaise fondée en 2014, qui tire toutes les ficelles.     

 

Nouvelles connexes