Echos des régions

  • Un renouveau du trafic ferroviaire de fret est prévu au Brésil.

22.03.2017 Auteur : Dirk Ruppik


Artikel Nummer: 18350

Un nouveau départ pour le rail

Voilà des années que la Chine et le Brésil entretiennent des relations commerciales au profit des deux pays. Mais depuis quelque temps, la récession touche le Brésil et la Chine s’affaiblit. Le Brésil investit maintenant à grande échelle dans ses infrastructures.


 

Riche en matières premières, le Brésil attire traditionnellement les convoitises des grandes puissances économiques. Pétrole, uranium, terres rares, étain, platine, nickel, manganèse, minerai de fer, or, bauxite ne sont que quelques exemples des ressources dont regorge le pays.

 

La Chine s’intéresse aussi aux matières premières, comme en témoignent les nombreuses entreprises qui investissent au Brésil depuis des années. Or, l’économie brésilienne est actuellement en phase de récession, qui plus est, la dépendance envers les matières premières se révèle être une catastrophe, notamment en raison de la chute des prix sur le marché des matières premières, par exemple du brut. S’ajoute à cela le scandale de corruption qui secoue le groupe énergétique Petrobras, qui a ébranlé la confiance dans l’économie.

 

Le fait que le Brésil ne se soit pas vraiment intéressé, pendant longtemps, aux questions d’efficacité et de qualité infrastructurelle constitue un écueil. Parallèlement, le pays fait face à une demande chinoise persistante en matières premières. Mais à présent, l’empire du Milieu subit sa propre crise économique et la demande fléchit.

 

Le programme d’investissement est établi

Le Logistics Performance Index 2016 de la Banque mondiale place le Brésil au 55e rang sur 160 en matière de qualité des systèmes logistiques. Près de 43% des 100 763 km de voies rapides seraient en bon état, 35% dans un état normal et 22% en mauvais état, selon le Manuel des transports 2016 de la Confederação Nacional do Transporte (CNT) édité par un panel de 20 000 entreprises de transport brésiliennes. Dans ses efforts visant à attirer des investisseurs chinois, l’association des transporteurs a ouvert un bureau à Beijing en 2013.

 

En août 2012, le Brésil a lancé le Logistics Investment Programme (LIP) qui a été conservé par le gouvernement actuel. Il prévoit l’introduction d’un modèle de Public Private Partnership (PPP ) pour le financement ainsi que des investissements d’env. 56 milliards d’EUR pour les 30 prochaines années. Dont 2,4 milliards d’EUR pour les aéroports, 24,5 milliards d’EUR pour le rail, 10,5 milliards d’EUR pour les ports et 18,6 milliards d’EUR pour les voies rapides. Près d’un tiers des investissements sera réalisé d’ici 2018.

 

Le programme public d’investissement prévoit d’améliorer l’intégration entre les divers modes de transport. À ceci s’ajoute l’introduction d’un système de péage sur le réseau routier rapide en dehors des agglomérations. Le financement de ces projets sera réalisé grâce à un PPP, les concessions seront attribuées pour 30 ans. Le fer commence à représenter une alternative à la route. En 2012, on décida de construire 11 000 km de voies d’ici 2025, entre-temps il n’est question plus que de 5000 km. Le secteur du fret ferroviaire doit aussi subir un renouveau. Actuellement, la liaison de 572 km Rio de Janeiro–Victoria est examinée, avec, en point de mire, les ports dans les États de Rio de Janeiro et Espirito Santo.

 

Jusqu’ici, les administrations portuaires avaient fait preuve de retenue et restreint les investissements à 28,6% (835 M. d’EUR) de leur budget total entre 2000 et 2014. La règlementation sur les ports a certes été modifiée, mais cela n’a pas attiré de nouveaux investisseurs qui auraient permis de collecter les 6,5 milliards d’EUR nécessaires à la construction et la modernisation des infrastructures. Les premiers succès sont toutefois au rendez-vous: le groupe industriel chinois CCCC investit 420 M. d’EUR dans un terminal du groupe Wtorre dans la région de São Luís, dans l’État de Maranhão.