Echos des régions

  • Le terminal fret de RAM à CMN.

22.04.2016 Auteur : Andreas Haug


Artikel Nummer: 14312

«Rapidement une taille critique»

Avec une flotte composée de 53 appareils, Royal Air Maroc est déjà le leader du fret sur le marché marocain. Amine El Farissi, directeur cargo, décrit de quelle façon RAM Cargo, la filiale à 100% du carrier d’Etat, compte poursuivre sur la voie de la croissance. Toutes les réflexions stratégiques s’appuient sur son hub, l’aéroport Mohamed V de la métropole Casablanca.


Le Maroc bénéficie d’un positionnement géographique favorable et le Royaume du Maroc investit donc massivement dans les infrastructures en s’appuyant sur ses grands acteurs. En trafic aérien, Royal Air Maroc, compagnie pionnière dans le transport aérien qui desservait déjà l’Afrique et l’Europe en 1957, joue le rôle principal. Pour répondre aux besoins croissants de la région en transport de fret aérien, l’une des priorités de Royal Air Maroc est le développement de son activité fret. Un programme de relance de l’activité a été initié en 2014.

 

Il comprend une réorganisation de l’entité afin de lui donner plus d’autonomie, le développement d’un réseau de GSA pour mieux commercialiser les capacité fret à l’international ainsi que le lancement d’un programme de vols all-cargo ambitieux reliant Bruxelles quotidiennement à de nombreuses villes africaines via le Maroc.

 

Des avions, des objectifs et des hommes

Une équipe de plus de 200 personnes permet à RAM Cargo de réaliser quotidiennement ses opérations d’import, d’export et de transit. Le transport de marchandises se fait à bord des vols passagers de Royal Air Maroc mais aussi à bord de vols all-cargo. De nombreux appareils ont de grandes capacités soute et sont très adaptés au transport de fret. Ils peuvent en effet accueillir des palettes et du fret volumineux. En font partie: un B747, quatre B767 et deux B787 (auxquels s’ajoutent deux de plus avant la fin de l’année) ayant une capacité de 15 t et touchant des destinations africaines telles qu’Alger, Luanda et Nairobi, mais aussi New York, São Paulo ou Montréal. Un avion-cargo B737 opère en outre en trafic de ligne sur Alger, Ouagadougou, Bamako et Conakry, Monrovia ou encore Nouakchott, alors que des avions passagers plus petits tels que 36 B737, cinq ATR72 et quatre E190 sont utilisés pour le transport de marchandises diverses.

 

Le développement de l’offre est stimulé par celui du réseau de vols mixtes: par la multiplication des fréquences ou l’ouverture de lignes. Par exemple les lignes Casablanca–Doha et Casablanca–Nairobi qui permettent d’atteindre l’Asie ou l’Afrique de l’Est grâce aux carriers partenaires. Le réseau mixte de RAM dessert plus de 90 villes dont 34 en Europe, 32 en Afrique, quatre en Amérique, quatre au Moyen-Orient et 18 au Maroc.

 

Casablanca, un point nodal naturel

Au CMN, l’aéroport de la plus grande ville du pays et tant hub passagers que hub logistique, RAM Cargo dispose de son propre terminal qui traite 50 000 t de fret par an et a une capacité de 250 000 t de fret. Ce centre de 20 000 m² doté d’une agence commerciale ouverte sept jours sur sept est conçu pour le transbordement de produits spéciaux – biens périssables tels que le poisson, la menthe ou les fruits, des animaux vivants et produits pharmaceutiques, mais également des matières dangereuses, des véhicules et des produits de valeur. RAM Cargo ne se limite pourtant pas au marché domestique et considère le trafic avec le continent européen comme clé de son succès. La compagnie est aujourd’hui le premier prestataire africain sur la route commerciale vers l’Europe, a-t-on appris à Casablanca.

 

Un plan de développent ambitieux

RAM Cargo travaille aussi avec des partenaires tels que la SNTL afin de compléter son offre par des services d’apport routiers. La marchandise arrive par exemple d’Europe à Casablanca par voie de surface et continue sur l’Afrique ou sur le Brésil par voie aérienne. Ce produit est plus compétitif et offre au client une lettre de transport aérien (LTA) dont les assurances couvrent le parcours de bout en bout. Ce produit n’aurait pas pu être mis en place sans l’aide de l’Administration des Douanes marocaine. À l’échelle internationale, RAM Cargo travaille avec des GSA et d’autres lignes aériennes, en particulier dans les régions que ses avions ne desservent pas (encore).

 

Une flotte all-cargo croissante – un des trois avions passagers B767 sera remplacé avant fin 2016 par un avion-cargo B767 – et une densification du réseau en Afrique de l’Ouest, et selon la demande dans d’autres régions, doit permettre à RAM Cargo de participer davantage aux flux mondiaux. «Il est impératif que nous atteignions rapidement une taille critique», explique le directeur cargo Amine El Farissi, convaincu du potentiel du marché fret aérien africain.

 

Le transport de fret reste cependant déséquilibré: les avions sont pleins du nord vers le sud, mais le retour se fait avec des soutes quasiment vides et des yields très bas. Cela devrait évoluer avec le temps grâce au développement de produits à plus forte valeur ajoutée.

 

RAM Cargo souhaite aussi toucher une nouvelle catégorie de clientèle à travers un produit «door to door» mis en place avec des partenaires tels que Barid Al Maghrib, SNTL ou SDTM. «On pourra approcher ainsi une nouvelle niche de clientèle B2C», souligne A. El Farissi, qui s’engage, avec les douanes, pour l’introduction de l’e-freight au Maroc. En plus de l’activité transport de fret, RAM Cargo propose un service de handling aux compagnies étrangères installées au Maroc. «Nous assurons le handling de la quasi totalité des carriers étrangers. Nous assistons Emirates, notre principal client, avec ses dix fréquences par semaine depuis Dubaï, mais aussi Etihad Airways, Qatar Airways, Air France, Air Algérie etc.», dit A. El Farissi.

 

 

 

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