Heavylift / Breakbulk

  • L’AN-124 à Amsterdam (à g.) et Houston (à dr.).

18.05.2018 Auteur : Andreas Haug


EPC
Artikel Nummer: 23289

Est - Ouest: et maintenant?

Il n’a pas été très surprenant et plutôt conforme à la «tendance climatique» que le groupe russe Volga-Dnepr annonce son retrait du programme de transport aérien stratégique de l’Otan d’ici à la fin de l’année. Reste à savoir si «l’Ouest» est ouvert à la nouvelle offre du constructeur ukrainien de l’AN-124. Dans l’intervalle, les deux anciens partenaires ont de toute façon beaucoup à faire.


Pendant dix ans, il n’y a eu aucun problème: depuis 2006, la compagnie russe Volga-Dnepr Airlines et la compagnie ukrainienne Antonov Airlines étaient en mesure de proposer, à l’aéroport allemand de Leipzig-Halle, jusqu’à six gros cargos de type AN-124 aux douze pays de l’Otan ainsi qu’à la Finlande et à la Suède. Ce programme communautaire devait être pérennisé en 2016, lorsque l’abréviation «Salis» ne signifiait plus «Strategic Airlift Interim Solution» (autrement dit une solution intermédiaire pour le transport aérien stratégique), mais «Strategic Airlift International Solution». Or, le conflit territorial autour de la Crimée et de l’Ukraine de l’Est avait alors déjà éclaté.

 

 

Victime de l’évolution politique

La première conséquence a été la fin de l’entreprise conjointe Ruslan Salis d’Antonov Airlines et Volga-Dnepr. La seconde est le retrait du programme Salis annoncé par Volga-Dnepr, qui est tout de même le premier exploitant civil d’AN-124. Cela ne signifie toutefois aucunement que les Russes veulent se retirer de l’Allemagne et de l’Europe de l’Ouest.

 

Au sein de Volga-Dnepr Group, des indicateurs laissent clairement entendre le contraire. Sa branche fret Airbridge Cargo Airlines (ABC) gagne de plus en plus de parts de marché et cherche apparemment une deuxième plaque tournante de B747 en dehors de Moscou. Par ailleurs, le groupe diversifie son offre et crée de nouvelles filiales. Les signes se multiplient actuellement en faveur de la création imminente sur le continent européen d’une compagnie sœur de Cargologicair, créée en 2015 au Royaume-Uni. Probablement avec un certificat de transporteur aérien allemand et un siège à Leipzig.

 

Pour l’instant, rien n’est encore officiel et c’est ainsi que Volga-Dnepr Airlines intervient à nouveau dans des projets de charter spectaculaires. Comme fin avril, lorsqu’un de ses AN-124 a transporté en Guyane française les premiers éléments de la mission Bepicolombo de l’ESA au départ de l’aéroport d’Amsterdam. Trois autres vols d’Antonov suivront et autant de transports maritimes, avant que la sonde spatiale n’entame, depuis la base de lancement européenne de Kourou, son voyage vers Mercure qu’elle devrait atteindre en 2025.

 

 

L’alternative Antonov Airlines

La société Antonov a, de son côté, souligné qu’elle pouvait fournir au programme Salis les AN-124 requis. La réponse officielle des partenaires européens est encore en attente. Avec l’atterrissage et la présentation du plus grand avion-cargo au monde, l’AN-225, au salon ILA à Berlin, l’entreprise d’État ukrainienne a pourtant clairement confirmé son annonce fin avril.

 

Entre-temps, Antonov Airlines est, elle aussi, occupée par des projets de charter. L’un d’entre eux a récemment consisté à transporter deux tours de forage de 17 m de long des États-Unis à destination de l’Australie. Les deux éléments pesant chacun 21 t devaient initialement être acheminés par fret maritime, mais le client, une société minière exploitant une mine de fer dans la région de Pilbara, en Australie occidentale, a dû opter pour la voie aérienne au dernier moment, pour pouvoir respecter les délais de livraison prévus.

 

Lors du chargement sur l’aéroport de Houston, l’entreprise de charter mandatée, Chapman Freeborn, et l’équipe d’Antonov ont utilisé le système de rampes de l’AN-124 et sécurisé l’opération avec deux grues externes.

 

Après des escales à Hawaii, aux Iles Fidji et à Brisbane, la cargaison est arrivée à Perth à temps et en toute sécurité. Andreas Haug