Heavylift / Breakbulk

  • Un dessin du nouveau Beluga XL.

07.09.2016 Auteur : Andreas Haug


Artikel Nummer: 15853

Mosaïque de fret lourd dans l’air

Le constructeur en chef du nouveau transporteur spécial d’Airbus qualifie son bébé géant de «pièce raccommodée», mais pas au sens négatif du terme. La Nasa transporte toujours le fret spatial avec un gros-porteur dont la technique a été utilisée pour la première fois il y a exactement 51 ans. La nouvelle technologie peine à s’imposer, à en croire l’atterrissage sur le ventre d’un aéronef en août.


La «grosse baleine» avance bien: il y a presque deux ans, Airbus a décidé de développer son gros-porteur baptisé «Beluga ST» et basé sur l’A330 (cf. ITJ 49-52/2014, Spécial page 22). L’année dernière, le constructeur aéronautique européen annonçait que le projet en était arrivé au stade du Design Freeze (cf. ITJ Daily du 21.09.15).

 

Et à présent, on apprend que plusieurs versions de l’A330 ont même été combinées pour le nouveau «Beluga». «Le Beluga XL est vraiment le fruit d’un raccommodage», le décrit Olivier Delmas, constructeur en chef du transporteur spécial. Pour son design, on a utilisé les sections avant de l’A330-200F et les sections arrière de l’A330-300. Puis on y a ajouté une cellule élargie en forme de bulle qui agrandit le diamètre du fuselage d’un A330 de série de 5,60 m à 8,80 m. La zone du cockpit est en outre abaissée, afin de créer une place sur le pont principal pour une porte de nez.

 

Approche modulaire

Cette approche modulaire a été choisie parce qu’aucun des avions existants ne correspondait au profil d’exigences. «Car pour acheminer à l’avenir des ailes d’A350 dans les usines d’Airbus de Toulouse ou Hambourg, le compartiment cargo doit présenter une longueur de 45 m et un diamètre de 8 m, ainsi qu’une charge utile de 50 t», explique O. Delmas. Effets secondaires bienvenus: l’agrandissement du volume du Beluga XL de 30% par rapport au Beluga ST rend le nouvel aéronef beaucoup plus avantageux et réduit le temps de déchargement, d’approvisionnement en carburant ainsi que de rechargement sur les sites Airbus.

 

Airbus a l’intention de construire cinq unités en tout. Les premières devraient être mises en service à partir de mi-2019 et remplacer progressivement les cinq prédécesseurs Beluga ST construits sur la base de l’A300 plus petit (37,70 m de long pour le compartiment réservé au cargo, 7,40 m de diamètre du fuselage et 47 t de charge utile).

 

Les Super Guppys basés sur le «Stratofighter» C-97 de Boeing sont limités à 45 t de charge utile, ce qui répond encore aujourd’hui aux exigences élevées de l’agence spatiale américaine Nasa. Celle-ci est l’exploitant du dernier des «gros poissons», également au nombre de cinq, qui a effectué son premier vol le 31 août 1965. Cet avion à l’allure si inhabituelle et dont l’espace de chargement mesure 33,85 x 7,6 x 7,6 m a prouvé, récemment encore, combien il peut être actif.


Aller-retour dans l’espace

Le 25 août, il a atterri sur l’aire d’atterrissage des navettes du Kennedy Space Center en Floride. Dans son ventre se trouvait le bouclier thermique (5 m de diamètre) qui devra protéger le module crew du premier vol Orion sans pilote en 2018 lors du retour dans l’atmosphère. Il a été construit par Lockheed Martin à proximité de Denver.

 

Le gros-porteur qui a pris de l’âge, joue donc toujours un rôle important dans le programme avec lequel les États-Unis veulent à nouveau envoyer des êtres humains dans l’espace – sur la Lune (2021/2023), sur Mars et dans le Deep Space.


Nouvel élan

Lockheed Martin participe également au projet du plus grand avion actuel. L’Airlander 10 (AN-225: 84 / 88,4 m), long de 92 m et large de 42 m, a brièvement fait les gros titres de façon négative. Après que le premier vol d’essai ait atterri avec succès le 17 août 2016 à l’aéroport de Cardington près de Londres après 30 minutes de vol, l’avion hybride a été durement ramené à la réalité exactement une semaine plus tard, lors du deuxième essai. À la fin du vol qui a duré 100 minutes, il a atterri avec le nez en premier, endommageant le fuseau. L’exploitant Hybrid Air Vehicles, qui veut développer l’avion pour en faire un airlifter avec une charge utile de 50 t, en étudie actuellement les causes.     

 

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