Heavylift / Breakbulk

  • En 2015, AAL compte porter sa flotte à plus de 500 000 t dw.

05.05.2015 Auteur : Antje Hanna Veregge


Artikel Nummer: 10172

Ouvrir de nouveaux horizons

Le secteur de trafic a servi d’inspiration pour la raison sociale lorsqu’Austral Asia Lines a lancé des liaisons régulières en 1995. 20 ans plus tard, ce spécialiste du transport de breakbulk, de projets et de fret lourd fête son anniversaire et applique une nouvelle stratégie sous le nom d’AAL. Kyriacos Panayides, managing director, a expliqué le nouveau positionnement d’AAL à Antje Hanna Veregge.


Monsieur Panayides, votre société officie sous le nom d’AAL depuis cette année, et non plus sous Austral Asia Lines. Quelle est la réflexion derrière cette décision?

Ce nouveau nom reflète la nature de nos activités dans le monde entier. Nous avons débuté en 1995 en tant que transporteur régional, actif dans la zone Asie-Océanie. Notre horizon s’est élargi depuis, nous sommes actifs à l’échelle internationale à présent. L’ancien nom ne correspondait plus à notre nouveau modèle commercial.

 

Qu’est-ce qui a initié l’élargissement de vos activités?

La décision de nous déployer plus largement a été prise autour de 2008. Nous étions déjà très prospères sur la base de notre ancien modèle d’affaires, mais le temps était venu d’étendre nos activités à d’autres secteurs. Voilà pourquoi nous avons commandé la deuxième génération de navires à cette époque. La livraison de ces nouvelles unités entre 2011 et 2014 nous a permis d’emprunter de nouvelles voies.

 

Ce n’était certainement pas le moment idéal.

C’était un vrai challenge, en effet. Mais nous pouvions nous appuyer sur nos clients qui nous ont fourni la base d’expansion vers de nouveaux marchés et nous ont permis de développer notre offre de services et d’élargir notre clientèle.

 

Quelles niches voyez-vous pour AAL?

Nous opérons dans une industrie spécialisée et proposons des solutions de transport maritime efficaces et sûres de breakbulk, de fret lourd et de projets industriels. Nous nous efforçons de tisser des partenariats à long terme avec nos clients et partenaires commerciaux, basés sur la confiance, et d’exploiter les nouvelles opportunités selon un angle entrepreneurial. Notre stratégie s’articule autour de deux piliers. Nous proposons d’une part des services de transport réguliers dans des secteurs nous permettant d’enregistrer des volumes de transport durables. Et d’autre part, des prestations flexibles dans d’autres régions, grâce aux services de tramping, que nous proposons à la demande.

 

Avec lequel de ces deux segments faites-vous le plus de chiffre?

Les deux secteurs s’équilibrent en quelque sorte. Cela dit, nous investissons dans les services de tramping en termes de développement de notre flotte, car nous y voyons du potentiel.

 

De quelle manière utilisez-vous ce potentiel?

Nous souhaitons élargir davantage les secteurs dans lesquels nous proposons nos services de tramping. Notre stratégie à moyen terme consiste en effet à couvrir les nouveaux itinéraires avec les services de tramping dans un premier temps, ce qui nous permet par conséquent de pénétrer le marché.

 

Une fois que nous avons développé l’infra­structure nécessaire, et que nous pouvons assurer un volume de chargement fixe suffisant, nous intégrons la ligne dans notre service régulier, en ayant nécessairement pris soin de rassembler un certain nombre de connaissances et d’informations au préalable.

 

Certains acteurs du marché se concentrent sur la spécialisation plutôt que sur la généralisation. Pourquoi avez-vous entrepris la démarche inverse avec AAL?

La diversification des marchés représente un des avantages de notre activité. Ainsi proposons-nous des prestations de transport dans des domaines variés et disposons-nous de plus de 20 ans d’expérience dans le secteur que nous avons acquise auprès des industries internationales les plus exigeantes. Nos offres sur mesure nous permettent de répondre aux souhaits et aux besoins individuels de nos clients, quelle que soit la nature du chargement, exploitation minière, énergie éolienne, pièces détachées voire produits en vrac tels que de la pâte à papier.

 

Qu’est-ce que cela signifie concrètement?

Nous surveillons scrupuleusement la croissance et le développement de notre flotte. Ce qui compte pour nous, c’est de proposer au marché exactement le volume de tonnage correspondant aux besoins de nos clients, tout en ayant à cœur de faire fonctionner notre flotte efficacement et avec un degré d’exploitation optimal. Nous allons agrandir notre flotte à plus de 500 000 t dw au courant de l’année, car nous constatons une augmentation de la demande de capacités de transport en particulier en Amérique du Nord et en Europe.

 

Par du tonnage propre?

Pour ne pas augmenter les surcapacités existantes dans notre marché, nous allons affréter ces tonnages à long terme.

 

Au cours des deux dernières années, AAL a doublé son chiffre d’affaires. Où voyez-vous le plus de potentiel de développement de vos activités commerciales dans les années à venir?

Le contexte actuel se caractérise naturellement par beaucoup d’incertitudes dans les secteurs pétrolier et gazier, vu la baisse du prix du baril, même si la plupart des projets déjà initiés sont réalisés dans les délais. Nous sommes actuellement optimistes pour ce qui concerne le secteur des infrastructures tout en restant prudents. Nous partons du principe que ce segment viendra éventuellement équilibrer les pertes dans les secteurs pétrolier et gazier .

 

Avez-vous des attentes particulière vis-à-vis de certaines régions?

Le développement des infrastructures apparaît toujours en première ligne des priorités des gouvernements, que ce soit dans les pays industrialisés ou émergents, par exemple en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient ainsi qu’en Chine. S’ajoute à cela une demande croissante en faveur des énergies vertes. Cette situation aura pour effet de rendre la demande de solutions de transport et logistiques de plus en plus complexe dans ce secteur.

 

Je vous remercie pour cet entretien.