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  • De 1967 à 1972, Axel C. Scherrer fut notre correspondant au Japon.

15.07.2014 Auteur : Axel C. Scherrer


Artikel Nummer: 6826

Conference Call de Tokyo

Notre magazine fait depuis tous temps la part belle aux reportages du monde entier. Parti au Japon en 1967, Axel C. Scherrer, ancien correspondant de l’ITJ, nous a livré ses impressions intéressantes sur l’Extrême-Orient. Cette période a notamment été marquée par les articles sur l’ancienne FEFC, dans le contexte de la politique de navigation maritime entre l’Europe et l’Asie.


La route vers le Japon a en fait commencé en Norvège. Après un stage à l’armement Wilh. Wilhelmsen, j’ai posé ma candidature pour une de leurs agences en Extrême-Orient. Ma demande a été récompensée par un poste à Tokyo.

 

C’est ainsi que j’ai commencé mon voyage pour le Japon, en navire cargo en 1967. Cinq semaines en haute mer, de plus en tant que passager du voyage inaugural du MS Taronga, un événement exceptionnel! À l’époque, seuls douze passagers pouvaient monter à bord; un confort maximal et une restauration de premier ordre étaient les standards dans le mess des officiers. Le point culminant de cette expédition fut la fête organisée dans chaque port pour ce voyage inaugural, comme à Cebu (Philippines).

 

Une fois au Japon, l’activité à l’agence a été intense. Peu après mon arrivée, Wilh. Wilhelmsen et la Swedish East Asia Company se sont regroupées pour former le service commun Seaco-Wilhelmsen, auquel s’est rajoutée ultérieurement la société danoise East Asiatic Company (EAC) pour former Scandutch. Aujourd’hui, tout cela est de l’histoire ancienne: EAC a été reprise par Maersk Line, tandis que Wilh. Wilhelmsen se concentrait sur les transporteurs d’automobiles et les navires ro-ro. Seaco faisait partie du groupe Broström et a finalement arrêté la navigation de ligne.

 

De Tokyo à Bâle

Dans ce contexte, chaque jour avait son lot de nouvelles que je ne pouvais définitivement pas garder pour moi. C’est ainsi que lors d’un retour au pays durant les vacances, j’eus l’occasion de m’entretenir avec Franz Rittmann, fondateur et ancien propriétaire de l’ITJ. Le rédacteur de l’époque chargé de la navigation maritime, Robert Federspiel, fut d’accord pour me laisser faire un essai en tant que correspondant. Il s’agissait de collecter les rapports médiatiques régionaux ainsi que les nouvelles du secteur du transport international. J’ai d’ailleurs fini par obtenir l’accréditation en tant que journaliste du ministère des Affaires étrangères du Japon. À l’époque, seuls deux journaux suisses avaient cet honneur: la NZZ et l’ITJ. Nous fûmes immédiatement membre du Foreign Correspondents’ Club of Japan, où le businesslunch à l’occidentale le plus avantageux de tout Tokyo constituait la cerise sur le gâteau.

 

Notre principale agence pour le Japon s’intéressait aussi à la politique du secteur de l’armement et c’est ainsi que mon quotidien professionnel me fournit une partie de mes informations pour l’ITJ. Ce qui me changeait agréablement de mon travail de réservation pour les marchandises dangereuses et lourdes. Ce dernier, en revanche, m’apportait les informations de base pour mes articles hebdomadaires à l’attention de la rédaction bâloise. Un travail particulièrement intéressant pour un Suisse, à l’époque, était l’ancienne Far Eastern Freight Conference (FEFC). Les chiffres sur les chargements de chaque compagnie pour chaque zone de trafic étaient encore additionnés à la main. Et les indications sur les classifications de tarif devaient être vérifiées avec une grande minutie. Les classes de tarif les plus chères reposaient alors sur ad valorem, autrement dit sur des pourcentages de la valeur de la marchandise. Il était donc très difficile de vérifier les indications de valeur. Il y avait aussi les «deferred rebates». Si un chargeur restait fidèle à une conférence pendant un certain temps, il bénéficiait d’une ristourne. Quel travail de contrôle laborieux! Il fallait en outre analyser et suivre les activités des outsiders, les non membres de la conférence de fret. La politique de navigation maritime entre l’Europe et l’Asie pouvait alors être suivie en live. Les armements pouvaient à l’époque générer de bons revenus et survivre, avec les charges pour la FEFC. Et aujourd’hui? Ces jours-ci on a pu lire dans la presse spécialisée: «Les taux Panamax perdent pied». Comme les temps changent!

 

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