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  • Un jour les navires marchands pourraient être dirigés depuis la terre ferme.

26.02.2014 Auteur : Antje Veregge


Artikel Nummer: 5183

Tout le monde à terre

L’automatisation de divers aspects de la chaîne logistique est à l’ordre du jour depuis assez longtemps. Un consortium de recherche souhaite repousser les frontières de la technicisation du transport de fret par un concept de navires sans équipage.


La navigation marchande a un problème de relève. Les marins restent souvent éloignés de leur famille et de leurs amis pendant plusieurs mois ou semaines, et il est de plus en plus difficile pour les armateurs de trouver du personnel qualifié. Les coûts de soutage en hausse rendent en outre les pratiques de slow steaming de plus en plus populaires. Cela rallonge la durée de voyage, tandis que le déroulement des opérations de travail à bord se réduit de plus en plus du fait de l’automatisation des processus. Les phases d’inactivité des équipages à bord sont par conséquent de plus en plus longues.

 

Le potentiel de réduction des coûts de main d’œuvre est élevé. C’est ici qu’intervient un consortium de huit partenaires, dont le Fraunhofer Institut de Hambourg et l’institut de recherche sur les technologies marines norvégien Marintek, qui se penche sur un concept de navires sans équipages, lesdits drones.

 

L’Union européenne soutient le projet «Munin» (Maritime unmanned navigation through intelligence in networks) – lancé au cours de l’automne 2012 et qui s’étalera sur trois ans – avec une enveloppe de 2,9 M. d’EUR. Dans le cadre de ce projet, il est prévu d’équiper des unités existantes avec des systèmes anti-collision pour le positionnement électronique et la communication par satellites. Une technologie élaborée permettant de détecter les obstacles et de les éviter est essentielle à cet effet. Les drones de mer doivent par ailleurs être équipés de systèmes de navigation et de positionnement permettant de déterminer et de contrôler l’emplacement exact ainsi que la vitesse et le cap des navires. Le moteur doit lui aussi être muni de systèmes de contrôles à bord afin d’assurer la surveillance continuelle du bâtiment et des équipements.

 

Un savoir-faire particulier à terre

Selon les prévisions de Munin, des équipages stationnés à terre devraient contrôler les opérations des navires et intervenir en cas d’urgence. Ainsi le capitaine pourrait-il contrôler toute une flotte depuis un centre de contrôle, et même se spécialiser dans certaines zones de navigation présentant de gros dangers. Il n’est toutefois pas prévu que les navires dits «autonomes» soient totalement dépourvus de personnel à l’avenir, mais qu’ils renonceraient simplement à l’équipage entre différentes stations de pilotage. Les manœuvres critiques d’amarrage et de désamarrage seraient en effet, comme jusqu’ici, réalisées avec du personnel à bord. Cette pratique devrait permettre de réduire le taux d’accidents et d’erreurs à bord. Le consortium cite des études selon lesquelles les erreurs humaines seraient responsables de 75% des accidents maritimes, dont la majorité serait à mettre sur le compte du surmenage ou d’un manque d’attention.

 

Dès lors qu’une source d’erreur est réduite, une autre apparaît. Des liaisons de communication fiables et sûres sont en effet indispensables pour assurer un guidage centralisé à terre. Leur garantie de fonctionnement est une chose. Le risque que les navires autonomes deviennent des cibles pour les pirates en est une autre. L’autonomie va d’ailleurs de pair avec l’insécurité dans la manière dont une opération est réellement menée. Comme l’indique l’International Chamber of Shipping, certaines règles doivent être complètement revues pour les navires autonomes, ce qui risque de prendre plusieurs décennies. Les drones marins sont donc encore des chimères pour le moment. S’ils devaient être mis en service, ce serait véritablement un coup d’éclat.

     

 

 

 

 

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