News

  • Marie-Christine Lombard, CEO de Geodis.

30.07.2014 Auteur : Christian Doepgen


Forwarding & Logistics
Artikel Nummer: 6853

«Des idées et non pas des produits»

Geodis, quatrième groupe européen de transport et de logistique, a pour ambition d’être plus présent sur le marché mondial. Marie-Christine Lombard, présidente du directoire depuis octobre 2012, s’est entretenue avec Christian Doepgen des développements actuels du marché logistique, des chances de croissance et de la nouvelle stratégie du groupe.


Madame Lombard, nous semblons avoir laissé derrière nous l’ancien monde de la logistique, mais ne sommes pas vraiment arrivés dans le nouveau. Que pensez-vous du développement en cours?

Nous nous trouvons en plein dans un important bouleversement économique à l’impact mondial. En fait, nous traversons actuellement une phase de la mondialisation qui est très loin d’être achevée.

 

Qu’entendez-vous par là?

En une décennie – cela remonte donc plus loin que la crise financière – nous avons p. ex. assisté à une érosion fondamentale des prix. Un envoi coûtant 340 USD en 2004 est expédié en 2014 pour seulement 108 USD. Ce recul est dû en partie à la pression concurrentielle s’exerçant sur nos clients.

 

Et qu’est-ce que cela signifie pour notre secteur?

À la baisse des chiffres d’affaires s’ajoute l’augmentation des coûts. Notre secteur, qui a connu une longue phase de croissance, se trouve dans une phase relativement «immature». Le secteur logistique demeure fragmenté. Conséquence: la crise des surcapacités succède aujourd’hui à la crise des coûts. Sur ce marché, il est essentiel de se distinguer des concurrents.

 

Comment votre groupe se démarque-t-il des concurrents internationaux?

Nous effectuons un retour aux fondamentaux de nos activités. Les prestations logistiques ne sont pas des marchandises, elles sont uniquement intéressantes pour le spécialiste. Nous ne vendons pas des produits, mais des idées.

 

De quelle façon le client en profite-t-il?

Depuis 2008, nous redéfinissons les chaînes d’approvisionnement de plus en plus compliquées. Il est de notre mission, en qualité de prestataire de services, de les simplifier pour notre client.

 

Comment procédez-vous?

Dans ce contexte, il est important de faire appel à des équipes mixtes. Nos spécialistes de divers modes de transport et de différentes régions planchent sur de nouvelles approches, en coopération avec les directions des achats de grands clients. Nous distinguons les séquences suivantes au cours du processus: analyse des flux de marchandises, optimisation de la supply chain, introduction d’indicateurs de performance et d’outils de contrôle et, pour finir, identification et évaluation de l’impact écologique.

 

Ce principe est-il valable pour tous les secteurs d’activité de Geodis?

Actuellement, nous renforçons nos structures en les organisant selon des marchés verticaux afin de pouvoir travailler de façon encore plus adaptée aux exigences de nos clients.

 

La nomination d’Ashwani Nath, nouveau directeur du marché vertical mode, life­style et commerce de détail de Geodis Wilson, entre-t-elle dans ce cadre-là?

Oui, en partie. Connaître en détail les flux d’approvisionnement et de marchandises intercontinentaux des divers clients est extrêmement important. Nous complétons donc nos rangs par des spécialistes provenant des secteurs en question.

 

La connaissance de ces secteurs n’est pourtant qu’un aspect des choses.

Pour comprendre nos clients, il est nécessaire de comprendre également leurs clients. Notre vision est de nous positionner comme «partenaire de croissance» de nos clients.

 

Quelle est votre stratégie de croissance?

Par le biais de notre présence dans 67 pays du monde – nous couvrons 120 pays avec nos partenaires – nous comptons croître en Europe de l’Est, aux États-Unis, au Mexique, au Brésil, en Chine et en Inde. Nous suivons dans ce contexte les gros projets de l’industrie et du commerce.

 

Comment Geodis Wilson y contribue-t-elle?

Notre activité freight forwarding enregistre de bons résultats, surtout en Asie et en Amérique latine. Les taux de croissance atteignent 20% pour les trafics dans les deux directions. Les destinations Mexique et Brésil se sont nettement démarquées ces derniers mois

 

Vous vous engagez davantage dans la logistique contractuelle, un secteur dont certains concurrents se retirent.

Il en résulte davantage d’opportunités pour nous. Nous avons pu renforcé récemment notre position sur ce marché en Europe centrale, Russie et Turquie.

 

Ce domaine comporte-t-il des risques?

Dans la logistique contractuelle, il s’agit aujourd’hui de réorienter les processus d’exploitation. Le mot-clé étant «data-mining». Les informations que vous pourrez fournir au client pour accroître son efficacité sont le meilleur argument de vente.

 

Geodis envisage-t-il des acquisitions pour renforcer son rôle international?

Miser à l’heure actuelle uniquement sur la croissance organique, c’est se priver de certaines opportunités. En cas d’acquisition, nous veillerons en tout cas à ce que la nouvelle entité complète notre réseau. Si nous pouvons améliorer notre position d’un point de vue géographique, ou de façon stratégique auprès de nos clients, nous le ferons.

 

Pour terminer: quelle est votre devise?

À l’heure actuelle: faire baisser les coûts n’est pas un objectif en soi. La qualité des services demeure l’argument clé de vente dans notre secteur.

 

 

 

 

Nouvelles connexes