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  • La capacité de transport est appréciée, le job de chauffeur l’est moins.

04.09.2018 Auteur : Marco Wölfli


Artikel Nummer: 24318

Rien ne va sans camion

Ils s’encouragent réciproquement. Les transports par poids lourds profitent de l’économie US florissante, mais ce boom est uniquement possible grâce aux millions de véhicules qui ont transporté l’année dernière 70% du volume total de A à B.


 

Rares sont les pays du monde autant marqués par des symboles que les États-Unis. Hormis les gratte-ciel des métropoles et les monuments naturels tels que le Grand Canyon, des highways sans fin et des camions à l’acier chromé étincelant font partie des images les plus fortes représentant ce pays. L’image romantique de ces bolides est pourtant en train d’en prendre un coup. De mauvaises conditions de travail, la pénurie de chauffeurs et l’avenir incertain sont les problèmes actuels.

 

 

C.A. de plus de 700 milliards d’USD

Un coup d’œil sur les chiffres montre pourtant que le transport par poids lourds est robuste en Amérique. Selon l’annuaire «American Trucking Trends» publié récemment par l’American Trucking Association (ATA), la branche a réalisé en 2017 un chiffre d’affaires de 700,1 milliards d’USD. C’est un mieux de 3,5% par rapport à l’année précédente et presque autant que pendant l’année record 2015 (719,3 milliards d’USD). Dans l’ensemble, presque 80% des coûts de transport totaux aux USA concernent des transports routiers.

 

Les camions ont acheminé pour ce montant quelque 10,7 milliards de t de marchandises, soit 70% du volume du trafic domestique. Dans le transport international de marchandises, la route a également un rôle dominant. En direction du Mexique, il s’est agi en 2017 de 69,1% et vers le Canada de 57,7%. Pour Chris Spear, président de l’ATA, le rapport souligne la force de la branche américaine du transport par poids lourds: «Les transports routiers sont le moteur de notre économie forte. Grâce au secteur routier sûr et fiable, les entreprises maintiennent leurs stocks à un minimum et économisent donc beaucoup d’argent.»

 

 

Peu de femmes, beaucoup de jobs

L’ATA ne se penche pourtant pas uniquement sur les indicateurs positifs du transport routier, mais aussi sur ses problèmes. Parmi les plus urgents figure, tout comme en Europe, la pénurie de chauffeurs. Selon l’association, il manque aux USA environ 63 000 chauffeurs et la situation commencer aussi à se compliquer en ce qui concerne les mécaniciens. Actuellement, 7,7 M. de personnes travaillent dans le secteur poids lourds, dont environ la moitié est derrière le volant. Le métier de chauffeur reste dominé par les hommes, comme il fallait s’y attendre, et la part des femmes est de seulement 6,2%. La pénurie de chauffeurs devrait d’ailleurs empirer à l’avenir, au moins aussi longtemps que les camions autonomes ne se sont pas encore imposés. Les transporteurs américains investissent de façon cyclique et beaucoup achètent de nouveaux camions.

 

 

Frénésie d’achat en juillet

Le portail spécialisé FTR Transportation Intelligence a révélé récemment que 29 000 camions ont été commandés en juillet. Ce mois est pourtant traditionnellement le plus faible de l’année, mais en 2018 le nombre de commandes a plus que doublé. Depuis le début de l’année, les entreprises de transport ont commandé 350 000 nouveaux camions. À l’exception du mois de juin, les commandes étaient toujours supérieures au chiffre du mois correspondant de 2017. Selon la FTR, les camions frigorifiques ont eu beaucoup de succès, mais après le mois de juin plutôt faible la demande en véhicules standards a de nouveau augmenté.

 

Les analystes estiment que cette évolution, tout comme la demande en transports de marchandises, va se poursuivre en 2019. Il est donc possible que certaines commandes aient été avancées en prévision d’un goulet d’étranglement dans quelques mois.

 

 

Marché des camions protégé

Les producteurs US de camions sont bien sûr heureux de vendre autant de véhicules. Il est d’ailleurs inutile de préciser «US» puisque sur les highways entre l’Atlantique et le Pacifique les véhicules sont presque exclusivement des marques domestiques. La raison est bien simple: aux camions et pick-ups importés s’applique en effet aux États-Unis un taux de douane de 25%, soit nettement plus qu’en Europe.

 

Si les prix des camions augmentent, conformément à la loi de l’offre et de la demande, le marché américain en plein boom pourrait devenir intéressant également pour les producteurs européens ou asiatiques.