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  • L’Iran a beaucoup de voies d’accès.

12.07.2013 Auteur : Christian Doepgen


Artikel Nummer: 2507

Le fret maritime subit les effets des sanctions

De quelle manière le trafic peut-il se dérouler dans un pays soumis à des sanctions? Paolo Sommavilla, directeur de l’agence I. Messina de Zurich, a livré un aperçu concret de l’univers quotidien du transport maritime dans un entretien accordé à l’ITJ.


A l’heure actuelle, nul ne sait si les résultats des élections présidentielles changeront la situation générale en Iran. Les règles de sanction concernant le pays ne changeront pas rapidement dans le secteur des produits et services, le commerce demeure soumis à des conditions strictes. Bien que nombre d’entreprises iraniennes couvrent leurs besoins d’importation via les pays arabes, la Chine et en partie l’Amérique du Sud, le besoin en technologie européenne persiste.

Du fait de la baisse du nombre de prestataires (cf. page 53) les navires d’Ignazio Messina appartiennent aujourd’hui à la flotte réduite utilisant le port de Bandar Abbas, le plus important d’Iran, dans le cadre du trafic direct. D’autres prestataires existent néanmoins desservant des destinations iraniennes via le transshipment en Extrême-Orient, avec bien entendu un délai de préacheminement correspondant. Selon P. Sommavilla, le statut d’exception d’Ignazio Messina a fait la ronde, car l’armateur est sollicité par des demandes «à travers tout le continent, tout à fait inédites, et qui suscitent l’étonnement parmi les clients et les professionnels des transports.»

Afin de remplir les exigences liées aux sanctions, Ignazio Messina a recours à l’aide de conseillers juridiques. Outre la vérification du fret, l’identification des chargeurs et des destinataires réels constituent une question centrale. La lettre d’indemnisation (LI) déterminant la responsabilité du chargeur et du transporteur, comportant une réserve concernant les formalités douanières, constitue la base de tout ordre de transport.

 

Des autorités douanières scrupuleuses

Les autorités douanières s’avèrent exigeantes en termes de clarification des exportations vers l’Iran, notamment en Italie et en Espagne. Il n’est pas rare que des documents supplémentaires soient requis, même après présentation de documents douaniers correctement remplis. Il est ainsi arrivé que le client ait dû soumettre ultérieurement des justificatifs de paiement et des documents complémentaires. Il s’agit parfois aussi d’informations plus approfondies sur les produits pour lesquels l’on suspecte un double usage allant à l’encontre des sanctions. «Lorsque les autorités douanières réclament la formule d’un produit chimique, il arrive que cela touche aux secrets commerciaux des entreprises», explique P. Sommavilla. Dans ce cas, le client doit décider s’il est disposé à divulguer des informations de cette envergure.

L’agent iranien du port de Bandar Abbas gère intégralement le déchargement et le postacheminement du fret en Iran. Il n’est plus question de volume en provenance d’Iran; les exportations iraniennes sont quasiment inexistantes. En revanche, le volume des importations a augmenté ces derniers mois pour les rares prestataires de services spécialisés dans cette activité. Les décisions politiques quant aux possibilités qui seront maintenues à l’avenir restent ouvertes.

           

 

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