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  • No 14 / 1980.

11.04.2014 Auteur : Antje Veregge


Flashback
Artikel Nummer: 5794

Qu’aurait dit Malcom à ce propos?

Un coup d’œil dans nos archives montre une fois de plus que l’histoire se répète. En 1980, des navires à capacité croissante et la stratégie expansionniste d’armements de navigation conteneurisée ont déjà fait la une des journaux. Depuis 2008, le concept «too big to fail» est de nouveau sur toutes les lèvres. A l’heure actuelle, quelle leçon peut en tirer la branche?


Non, ce n’est pas une erreur de date, même si le thème traité par notre journal dans cet article publié en 1980 ne pourrait être plus actuel. Il s’agit en effet de la création d’une «flotte de nouveaux navires Jumbo», des bâtiments qui devaient assurer un service autour du monde. Inquiet, notre rédacteur a posé à l’époque la question suivante: «Le tycoon américain Malcom McLean veut-il contribuer à la percée du gigantisme dans le transport maritime de conteneurs?»

 

Nous avons déjà évoqué sur ces pages M. McLean, considéré comme inventeur du conteneur moderne qui a révolutionné le trafic multimodal (cf. ITJ 9-10/2014, page 24). Le cas concret susmentionné concernait toutefois le projet de commander 14 navires d’une capacité unitaire de 3900 TEU. Ce faisant, United States Lines compte s’attaquer à la «jumboïsation» du porte-conteneurs, écrivions-nous à l’époque. Et notre conclusion était, il y a quelques décennies: cela créera une nouvelle situation concurrentielle dans la navigation de ligne internationale s’appuyant sur la vision d’une «personnalité créative». A cette époque, tout comme aujourd’hui d’ailleurs, des voix critiques s’élevaient/s’élèvent pourtant contre cette tendance. En 1980, la discussion a aussi porté sur les points suivants: une entreprise doit-elle être dirigée selon la devise «management by genius» ou «management by teamwork» C’est que dans le cas d’une offensive de l’envergure de celle prévue par M. McLean des banques feraient elles aussi les frais d’un éventuel échec. Le destin de grandes entreprises peut en effet avoir un impact négatif sur l’économie nationale et ne concerne donc pas uniquement les bailleurs de fonds.

 

A l’époque, le rédacteur est parvenu à la conclusion suivante: un grand groupe diversifié, dans lequel non seulement les banques mais aussi les représentants des employés ont leur mot à dire, ne doit pas accorder une marge de manœuvre illimitée à un «génie solitaire», d’autant plus qu’un sens des affaires très développé ne va pas toujours de pair avec un sens pour l’environnement social et politique.

 

La maxime «too big to fail» nous revient à l’esprit: les effets de la crise économique mondiale sont connus et la navigation de ligne en souffre encore. Aujourd’hui, il est de nouveau question d’une jumboïsation de la navigation conteneurisée. Avec une capacité d’environ 18 000 TEU, les nouveaux «Léviathans» ont toutefois de toutes nouvelles dimensions.

 

S’y ajoute que dans l’alliance P3 prévue (elle vient de recevoir le feu vert aux USA) les trois plus grands acteurs du marché font équipe, et c’est là une première. Espérons que les dirigeants des trois groupes miseront dans leur coopération sur le «teamwork».

 

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